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L’histoire du Teddy : Preppy vs Bad Boys



Appelé Letterman, Varsity Jacket ou Teddy, cet emblématique blouson né sur les campus US a traversé les époques et les modes en restant « l’idole des jeunes ». Plus qu’un simple vêtement, il est le symbole de l’American way of life, mais aussi d’une certaine forme de lutte des classes. Venez, je vous emmène à sa découverte.




À L’ORIGINE : LE LETTERMAN


À sa naissance, il ne s’agit pas encore d’un blouson, mais d’un pull boutonné en tricot épais sur lequel est cousue une lettre identifiant l’université dont il provient.

Les premiers furent portés par les joueurs de baseball de l'Université d’Harvard en 1865. Alors appelé pull Letterman, il était réservé aux joueurs de l’équipe universitaire, et seuls les meilleurs avaient l’autorisation de le garder. Les joueurs moins performants devant le rendre en fin d’année.


Très rapidement, le Letterman, avec le grand H d’Harvard brodé sur la poitrine est devenu un symbole d’élitisme, de fierté et d’appartenance à cette prestigieuse école.

Petit à petit, le Lettreman s’est invité dans les autres universités américaines comme Yale et Princeton, jusqu'à toutes les conquérir.

Pull ras du cou, cardigan, col châle, quelle que soit sa forme, il est arboré par tous les étudiants des campus pour parfaire la renommée de leur université.




LA MÉTAMORPHOSE : LA VARSITY JACKET


Il faudra attendre les années 1930 pour que naisse le blouson tel que nous le connaissons aujourd’hui. La Varsity Jacket apparaît alors : le corps est en laine bouillie, les manches en cuir en contraste de couleur, les bords côtes sont bicolores, et bien évidemment la lettre représentant l’université brodée sur la poitrine du côté gauche, au plus près du cœur.


À cette époque, les grandes universités américaines ont les yeux tournés vers l’Angleterre et ses prestigieuses facultés (comme Cambridge ou Oxford), et ont pour ambition de les égaler et de susciter le même sentiment d’appartenance auprès de leurs élèves.

Ces facultés anglaises ont déjà leurs uniformes et leurs codes très chics, ainsi les universités américaines se doivent d’innover et de créer leur propre style.

Cette concurrence entre la jeune Amérique et l’ancienne Angleterre aura toute son importance dans l’histoire de notre blouson.




EXTENSION DE TERRITOIRE : LE TEDDY


En 1950, notre blouson décide de découvrir le monde, et part en voyage. Il traverse l’Atlantique, direction l’Europe et fera une première escale en Angleterre.

À Londres, dans les années 50, la rue appartient aux Teddy Boys. Ces fans de rock‘n‘roll arborent la coiffure banane et cultivent une certaine élégance en s’habillant dans le style « Edwardien » : veste longue à col de velours, gilet à motif de soie ou de brocards, montre à gousset, cravate Maverick, pantalon à plis et chaussures à boucles Creepers.

Pour rappel, l’époque édouardienne au Royaume-Uni succède à l'époque victorienne, et s’étale de 1901 à 1910, sous le règne d'Édouard VII.


Les Teddy Boys anglais vont rapidement adopter la Varsity Jacket et se l’approprier, à tel point que le blouson sera rebaptisé « Teddy » (diminutif de Edward en anglais) en référence directe aux Teddy Boys.




LUTTE DES CLASSES


Cette histoire avec les Teddy Boys n’est pas anecdotique car elle marque un tournant dans la vie et la représentation du style Varsity.

Ces « Bad Boys » aux cheveux gominés, issus des classes sociales modestes, sont à l’opposé des Varsity boys, plus proprets et surtout plus favorisés socialement. En prenant leur blouson, ils s’approprient leurs codes, leurs valeurs, leur élégance. De surcroît, ils détournent le style emblématique américain, par provocation envers leur mère patrie, l’Angleterre, qu’ils trouvent trop « old school ».



En effet, l’histoire du Teddy au sein des grandes universités américaines en a fait un symbole de prestige. La Varsity Jacket est réservée aux meilleurs sportifs et aux premiers de la classe. Ces bons élèves ont un look très clean : pantalon Chino, chemise Oxford ou Madras, cravate club, blouson Teddy.

Mais, dans les années 60, le monde vit au rythme de l’évolution du rock‘n‘roll, représenté par les blousons noirs. Ainsi se développe une « guerre » entre ces deux camps : Rockers vs Preppy, riches vs pauvres. Les bagarres sont fréquentes entre les deux bandes et alimenteront de nombreux scénarios de films.


Entre cette culture de l’élitisme dans les grandes écoles et une sous-culture populaire empreinte du courant musical rock, le blouson Varsity reste un symbole que chacun s’approprie et détourne en le customisant ou en l’associant avec d’autres styles.



LE BLOUSON TEDDY FAIT SON CINÉMA


On retrouvera d’ailleurs les symboles de la lutte des classes dans des films comme Grease, West Side Story, American Graffiti et The Outsiders, qui opposent des jeunes « favorisés » (étudiants chics portant des Teddy) à des couches sociales plus modestes (les gominés en jean et cuir noir).


Exemple frappant, à la fin du film Grease, John Travolta illustre sa « métamorphose » en « bon garçon » en troquant son blouson de cuir noir contre un gilet Letterman aux couleurs du très célèbre lycée Rydell.



On retrouve également cette lutte des classes dans le magnifique The Outsiders, où s’affrontent deux bandes : favorisés contre modestes, sur fond d’histoire d’amour et d’amitié. (Un film de Francis Ford Coppola, sorti en 1983, avec Tom Cruise, Patrick Swayze, Rob Lowe, Matt Dillon, Ralph Macchio, Emilio Estevez, C. Thomas Howell et Diane Lane).





VARSITY JACKET : LE BLOUSON STAR


Au cours des années 80, le Teddy va faire un nouveau coup d’éclat médiatique grâce à un ambassadeur de choix : Michael Jackson !


En 1984, le King of the Pop sort son tube Thriller, accompagné d’un clip de près de 15 minutes, dans lequel il porte… un blouson Teddy rouge et or sur lequel est brodé un majestueux M. Ce quasi-court métrage aux allures de film de zombies fera le tour du monde et une publicité « monstre » pour la Varsity Jacket.



Toujours durant les 80’s, nous retrouverons le blouson Teddy au cinéma : Emilio Estevez dans Breakfast Club ; Eddy Murphy dans Le Flic de Beverly Hills ; Mel Gibson dans L’Arme Fatale, mais aussi dans les séries TV qui ont marqué notre jeunesse : Sauvé par le gong ; Happy Days.




En 1994, le Teddy se trouve une nouvelle ambassadrice en la personne de la princesse Diana qui sera « paparazzée » vêtue d’une Varsity Jacket de l’équipe des Eagles de Philadelphie.


Dans les années 2000, le Teddy devient l’emblème des rappeurs. Pour les mêmes raisons qui ont incité les Blousons noirs à se l’approprier, les rappeurs voient eux aussi une occasion de détourner ce symbole qui représente les universitaires favorisés pour le mettre en opposition avec leurs propres origines : les quartiers difficiles.

De plus, la Varsity Jacket colle bien avec le look sportswear de ces Bad Boys modernes.



LE BLOUSON TEDDY AUJOURD’HUI


Le Teddy traverse les décennies et nous accompagne quel que soit notre look, masculin ou féminin : universitaire, sportif, urbain, rebelle, rappeur, sportswear, chic ou casual.


Véritable caméléon de la mode, il sait s’adapter à chaque époque et il se trouve toujours « une bande » qui l’adopte. Plus qu’un blouson, il est un symbole qui suit les tendances :


L’essor du sportswear

Il incarne parfaitement le style sportswear/casual qui est devenu une tendance majeure depuis plusieurs années. Exemple intéressant avec la marque française American College, spécialisée dans le Teddy sous toutes ses formes : uni, bicolore, en cuir, en denim et qui, après avoir disparu, a connu le succès grâce à ce produit emblématique.



Le luxe

Toutes les grandes marques de luxe se doivent d’avoir leur réinterprétation de la Varsity Jacket : Gucci, Dior, Burberry, Saint-Laurent, Louis Vuitton, Celine, Berluti…

On constate d’ailleurs que le Teddy conserve ici son image élitiste : ce n’est plus l’appartenance à une université que l’on met en avant, mais la marque de luxe que l’on apprécie.




LES CODES DU TEDDY


Si l’on se conforme au cahier des charges, un blouson Varsity doit respecter certains codes.

Tout d’abord, il est bicolore, le corps est en laine bouillie et les manches en cuir en contraste de couleur. Sur la poitrine, côté gauche, on trouve une lettre aspect « bouclette » qui représente l’université. Il est également possible de broder des étoiles ou des symboles qui illustrent des victoires emblématiques de l’équipe.


Le col, les bas de manche et la ceinture sont en bord-côte et généralement bicolores. Les manches montées et les poches sont passepoilées, soit ton sur ton, soit bicolores. Enfin, le blouson Teddy se ferme par des pressions.


En quelques décennies, le blouson Teddy s’est installé durablement dans notre vestiaire pour devenir un incontournable que nous prenons plaisir à porter quels que soient notre humeur ou notre style.



L'AGENCE PULSE

Eric Miternique

eric@lagencepulse.fr












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